L’IKV n’est pas COP -atible

Attention : le vélo peut participer à protéger la planète !

Oh oui, l’ IKV nous a bien fait rêver !

Depuis quelques mois, nous, cyclistes, avons toutes et tous espéré que « ça y est, cette fois l’état reconnaît le vélo comme étant un vrai moyen de transport, comme les autres ». Eh bien non. L’Indemnité Kilométrique Vélo (IKV) fut un leurre. Durant ces quelques mois dans le brouillard communicationnel, la lumière de notre vélo nous laissait néanmoins deviner le précipice dans lequel l’IKV vient de chuter. Paix à son âme.

COP 21 par-ci, COP21 par là… Depuis le « notre maison brûle et nous regardons ailleurs » de 2002, et encouragé par la fondation et le travail persévérant de Nicolas Hulot, l’Etat français a manifesté son intérêt pour la préservation de notre planète et accueille la COP21, celle de la dernière chance après celle de Copenhague qui fut un fiasco.

Lors de son discours d’ouverture de la COP21 il y a quelques jours, le Président actuel a tenu ces propos : « L’urgence parce que c’est maintenant qu’il faut agir, et la durée parce que ce que nous déciderons là, à la fin de l’année 2015, c’est pour les vingt, les trente prochaines années que le monde va pouvoir s’engager. »

Cela faisait plusieurs mois que le projet d’indemnité kilométrique vélo pédalait entre les différents acteurs : ministère de l’environnement, ministère des transports, associations d’usagers et usagères de la bicyclette… et ces aller-retours nous ont donné des suées. Actu Environnement nous retrace très clairement le parcours. Qu’allait-il advenir de cette démarche « révolutionnaire » ? Allait-on enfin reconnaître le vélo comme un vrai moyen de transport économique, écologique et zéro CO2 ? Le vélo dans les villes comme une alternative à la voiture polluante et aux transports en communs surchargés ? Un outil de la fluidité des villes, connectant les banlieues avec les centres ?

Et bien non ! La roue avant s’est prise dans un rail et ‘blingue-dingue-blingue’, après un beau soleil, nous voilà les 4 fers en l’air au beau milieu de la chaussée. Aurait-on posé ce rail en pleine nuit ? Il n’était pas sur la carte !!!

La carte n’est pas la réalité !

La carte annonçait une indemnité kilométrique vélo pour faire avancer les choses, pour favoriser l’usage du vélo dans les déplacements domicile-travail, en créant l’équivalent vélo de l’indemnité transports en commun, obligatoire pour les entreprises et en place depuis plusieurs années.

Et bien non. Facultative, cette indemnité est un hologramme : une belle image, mais rien dedans. Plafonnée à 200€ / an / personne, elle indemniserait un maximum de 800 km à l’année, soit en moyenne 3,17 km*/jour. Soit  1,5 km parcouru par trajet. Autrement dit, toutes les personnes qui ont choisi ce mode de transport alors qu’elles habitent à plus de 1,5 km de leur lieu de travail (en moyenne plutôt 7 km) seront pénalisées par rapport à celles qui utilisent le vélo en libre service parce que c’est trop difficile de se garer en hyper centre. Et la boucle est bouclée: le privilège aux populations des plein centres, la bagnole pour les banlieusards. Décidément, la carte n’est pas le territoire.

Le vélo, moyen de transport définitivement in- COP -atible ?

Comment accorder du crédit à l’annonce d’un accord contraignant, quand la seule démarche en faveur du vélo finit par être facultative ?

Comment accorder du crédit au financement de plusieurs milliards de la préservation de l’environnement lorsque l’IKV est plafonnée en France à 200€ par an par personne ?

Qui ira expliquer aux directions des entreprises qu’elles doivent favoriser ce que personne ne soutient vraiment ?

Qui aura les moyens de parler plus fort que les lobbys pétroliers et industriels automobiles ?

Comment crier mon désarroi, mon désaccord avec cette politique polluante qui est prônée depuis les années 70 et que jamais PERSONNE n’a jamais osé remettre en cause. L’environnement en France semble rester incompatible avec la COP21. Aujourd’hui 4 décembre se prennent des décisions capitales pour la planète vous comprenez, c’est différent…

L’urgence parce que c’est maintenant qu’il faut agir,
et la durée parce que ce que nous décid(…)ons là, (…)
c’est pour les (…) trente prochaines années
que le monde (…) s’engage.

On en prend encore vraiment pour 30 ans de pétrole ?

l'IKV fait pleurer mon chat

l’IKV fait pleurer mon chat

Je vais finir par aller vivre à Copenhague ou à Oslo, où les personnes ont le courage de faire quelque chose quand le torchon brûle. Parce qu’ici, comme dirait Laurent Fabius, « le compte n’y est pas. »

Maintenant si ça vous amuse, vous pouvez toujours calculer quelle aurait pu être votre indemnité kilométrique vélo. Attention, vous risqueriez de verser une larme…

Vous pouvez aussi continuer à montrer l’exemple et de bien belle façon, en roulant tous les jours et en toute légèreté, avec des vêtements élégants et beaux, ça fera la nique aux sceptiques.

* calculé sur une base de 252 jours ouvrables

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